Point d’intérêt 3- Le château de Maizet et le puits-au-loup

Ce château était le lieu de résidence de l’ancienne seigneurie de Maizet, dont il est fait mention pour la première fois dans un texte de 1453. Cependant les propriétaires de ce château n’avaient pas de titre (comme « baron » ou « vicomte » par exemple) ; ils étaient seulement désignés comme « les châtelains » du Château de Maizet.

Le château avec ses deux piliers datant du XVIIIe siècle
Le château de Maizet se compose :
- d’une maison de maître, construite au milieu du XVIIIe siècle, typique de son époque et de la plaine de Caen. Avec 7 ouvertures à chacun des 2 niveaux et une lucarne au-dessus de chaque fenêtre (sauf aux extrémités à cause des pans coupés de la toiture). Un premier puits à forme carrée se situe derrière la maison.
- de sa ferme accolée (accès par le porche sur la gauche) avec une maison d’habitation (réhabilitée dans les années 1990 pour en faire une location), une grange, une remise, une écurie, une porcherie et un deuxième puits profond de sept mètres (fermé aujourd’hui par une dalle de béton).
- de ses dépendances : un verger, une noyeraie, des champs d’exploitation.
Si vous tournez le dos au château, le chemin qui se trouve en face de vous et qui vient de Saint-Honorine-du-Fay était autrefois l’allée (aussi appelée « avenue ») qui menait au château. Elle était bordée d’arbres de différentes essences : des hêtres notamment, qui ont été abattus pour reconstruire les combles et la charpente de la ferme du château après un incendie au début du XXe siècle. Les quelques marronniers qui restaient ont été victimes des combats et des bombardements de 1944.
Le château de Maizet, un fief important
Le château de Maizet est l’un des quatre châteaux présents sur la commune. Les 3 autres étant :
- le château de Brucourt (point d’intérêt n°9)
- le château de la Vallée (point d’intérêt n°7)
- le château du Val de Maizet (point d’intérêt n°11)
Ce nombre peut paraître important pour une petite bourgade qui ne comptait que 250 habitants environ au début du XXe siècle. Cependant c’est quelque chose que l’on voit souvent en Normandie : les communes d’aujourd’hui sont issues de paroisses datant d’avant la Révolution de 1789, qui étaient le plus souvent composées de plusieurs fiefs.
Mais au fait, c’est quoi un fief ?
Depuis le Moyen-Age et jusqu’à la Révolution française de 1789, les territoires des villages étaient divisés en plusieurs fiefs. Le fief était une récompense (souvent des terres) donnée par un seigneur supérieur dans la hiérarchie à son vassal, qui acceptait en échange de se mettre à son service.
C’est le système de la féodalité, où chacun tisse des liens avec ses vassaux qui lui sont inférieurs. Ce qui donne une organisation en pyramide, avec le roi de France à son sommet :

Pyramide vassalique (source : maclasse.com)
Ainsi, c’est un grand seigneur de la région qui a dû donner le fief de Maizet au châtelain, en échange de son engagement à s’armer pour le défendre. Mais nous n’avons pas encore trouvé de document qui nous révèle son nom.
Au Moyen-Age, Maizet était partagé en deux grands fiefs :
- à l’ouest, le fief du château de Maizet qui était le plus petit mais également le plus ancien ;
- à l’est celui de Brucourt, plus récent (mais datant quand même du Moyen-Age) et qui occupe une grande partie de notre commune actuelle. Les titulaires de ce fief étaient aussi plus riches que ceux de Maizet. (voir point d’intérêt n°9)
Cependant c’étaient les châtelains du château de Maizet qui étaient supérieurs hiérarchiquement aux propriétaires du fief de Brucourt. Ils avaient comme devoir de maintenir l’ordre et de rendre justice pour des cas mineurs dans le village. Ils étaient également patrons de l’église, puisqu’un ancêtre avait donné le terrain où celle-ci a été construite : cela signifie que lorsqu’il fallait nommer un nouveau curé, c’était les châtelains qui proposaient un nom à l’évêque. De plus, ils pouvaient revendiquer en partie les revenus de l’église.
A partir de 1642 , c’est la famille Le Harivel qui devient propriétaire du fief de Maizet. Cette famille donne ensuite deux branches qui sont d’importants propriétaires du village :
- la branche Le Harivel de Maizet qui reste au château de Maizet jusqu’en 1869,
- la branche Le Harivel de Gonneville qui réside à la Ferme du lavoir (point d’intérêt n°2) jusqu’en 1858.
Le château de Maizet pendant l’occupation
En 1944, les combats ont été sévères à Maizet et le château a vu sa toiture et ses lucarnes détruites.

Le château de Maizet à la fin de la guerre
Le Puits-au-loup
Tenez-vous face au château de Maizet : le chemin du château part à votre droite. Suivez-le.
Après une courte descente, vous verrez un petit chemin de terre à nouveau à votre droite : c’est le chemin du Puits-au-loup.


Continuez sur ce chemin jusqu’à une ancienne pancarte signalant « aux crapauds » (la moitié supérieure indiquant « la fontaine » est tombée). Il s’agissait d’une toute petite mare où venaient quelques crapauds ; quelques habitants l’ont donc baptisée « la fontaine aux crapauds ».

Mais en réalité, ce qui nous intéresse est dans le champ situé dans votre dos (si vous regardez la pancarte), au-delà des barbelés. Un peu plus loin se trouve la source d’un ruisseau qui traverse la commune de Maizet : le douit de la fontaine. « Douit » signifie ruisseau en patois normand. L’eau sourd (du verbe « sourdre », qui veut dire « jaillir de terre ») d’une vaste et profonde nappe phréatique.

Photo de la source dans le champ
Le nom de Puits-au-loup a été donné à cette source parce qu’autrefois, les animaux sauvages et notamment des loups, venaient s’y désaltérer.
Le douit de la fontaine, un ruisseau 100 % maizetois !
Prenant sa source ici au Puits-au-loup, non loin du château de Maizet (point d’intérêt n°3), il traverse la propriété de la Ferme du lavoir (point d’intérêt n°2). Le ruisseau passe par les champs et nous le retrouvons à la Ferme du platane (point d’intérêt n°6). Il se jette enfin dans un autre ruisseau, la Planquette, juste avant le château de la Vallée (point d’intérêt n°7). La Planquette va ensuite se jeter dans l’Orne en amont du Val de Maizet (point d’intérêt n°11).

Plan du trajet du douit de la fontaine à travers la commune
Attention à la prononciation !
Le Puits-au-loup se prononce en patois normand :« pié-au-loup ».
Ce qui explique les erreurs que l’on retrouve dans plusieurs cadastres au XIXe siècle.

Cadastre de 1826 (source Archives du Calvados)