Point d’intérêt 8- Le calvaire et la Vierge
Le calvaire

Ce calvaire, propriété communale, a été érigé le 26 mai 1912 au carrefour de la route de Brucourt et de la rue Poussée.
Le terrain de 127m² est délimité par une haie sur 3 cotés. Autrefois, une double porte en fer forgé en fermait l’accès.
Le calvaire, c’est une croix et son socle de trois marches, tous les deux en béton armé. Au pied de la croix, on pouvait lire sur une plaque aujourd’hui disparue les mots suivants :
« Souvenir de mission mai 1912 »
De quelle mission s’agit-il ?
La création du calvaire est à l’origine du projet du dernier curé de la commune ayant habité au presbytère de Maizet, l’abbé Charles Anne. Le terrain nécessaire a été fourni par le propriétaire du château de Brucourt, le comte du Parc. La cérémonie d’inauguration a eu lieu après ce qu’on appelle une « mission » dans la religion catholique : pendant deux semaines, le missionnaire (ici l’abbé Noël, curé de la commune voisine d’Amayé-sur-Orne) a procédé à différentes prédications chaque jour afin de raviver la foi et la piété des paroissiens.
La mission à Maizet a commencé le 12 mai 1912 et s’est terminé le dimanche 26 mai lors des vêpres (cérémonie catholique de fin d’après-midi). L’église de Maizet était tellement remplie que les fidèles ont dû se tenir debout dans le cimetière et jusqu’à la place devant la Mairie !
Puis une procession est partie avec la statue de Jésus bras en croix sur un brancard. La croix était déjà fixée à sa place. A l’arrivée au calvaire, la statue a été élevée sur la croix.
Pendant la libération en 1944, la croix a été abîmée et aujourd’hui encore, elle présente de nombreuses fissures occasionnées par des éclats d’obus.
La « Bonne Vierge »

En retournant vers Maizet, vous arriverez à un panneau stop. Sur votre droite, vous verrez une statue autrefois surnommée « la Bonne Vierge ».
Cette statue de la Vierge Marie a été érigée le 25 août 1869 par deux familles de la commune : la famille Perrette et la famille Lecourtois. Ces deux familles ont dû supporter une douloureuse épreuve (dont on ignore la nature) et elles ont décidé de se consacrer à la Vierge Marie.
Dressée sur un terrain de 63m² qui leur appartenait, la statue repose sur un socle de pierre de Caen. Sa base est composée de trois marches. La Vierge est en terre cuite, représentée en robe longue serrée très haut par une ceinture, les bras baissés, mains ouvertes vers la personne qui la prie pour indiquer qu’elle distribue ses bonnes grâces à quiconque l’implore.
Cette position est celle de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, nom donné à la Vierge Marie qui est apparue à une jeune nonne à Paris en 1830. Lors de plusieurs apparitions rapportées par la jeune femme, la Vierge Marie lui aurait montré les deux faces d’une médaille à faire frapper, annonçant que ceux qui la porteraient serait tout particulièrement protégé par la Vierge Marie. On retrouve sur une des faces de la médaille cette position bras ouvert et regard vers le bas de la statue de Maizet. Aujourd’hui encore, il se vend environ 4 millions de médailles dans la chapelle de la rue du bac à Paris.
Pendant l’été 1944, des soldats allemands se sont abrités aux pieds de cette statue, dans un abri qu’ils s’étaient creusé. La statue a traversé les combats sans dommage.
Elle a été seulement abîmée en 1946 par un ouvrier de la reconstruction, éméché, qui l’a décapitée en lui lançant des cailloux.
Aussitôt réparée, elle a été donnée à la commune par un descendant de la famille Lecourtois, le père de Roger Boulais, ce dernier ayant été maire de Maizet de 1969 à 2001.