Point d’intérêt 4 – La ferme du lavoir

La Ferme a été nommée ainsi parce que le lavoir du village se trouve accolé à l’un de ses murs.

Le lavoir de Maizet
Mais à quoi ça servait un lavoir ?
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, le lavoir était un lieu où les femmes venaient rincer le linge, et non pas le laver.
Du Moyen-Age jusqu’au milieu du XXe siècle, le lavage du linge était fait à la main, il n’y avait pas de machine à laver. C’était une activité très fatigante et qui prenait beaucoup de temps.
Le lavage était d’abord fait à la maison dans un grand bac où l’on faisait bouillir l’eau et le linge sale. On y ajoutait de la cendre de bois (la lessive n’a été inventée qu’au XXe siècle !), puis après avoir bouilli pendant plusieurs heures, le linge était emmené au lavoir pour la dernière étape avant le séchage : le rinçage. Pour enlever la cendre, les tâches et l’eau salie, les femmes trempaient le linge dans l’eau du lavoir et le battaient plusieurs fois de suite.

Femmes au lavoir.
Ici à Maizet, l’eau qui alimente le lavoir encore aujourd’hui est celle du « douit de la Fontaine » (douit signifie ruisseau en patois normand). Il prend sa source au Puits-au-loup à quelques pas d’ici, plus loin vers le Château de Maizet (voir point d’intérêt n°3).
La ferme du lavoir

La Ferme du lavoir se compose de plusieurs éléments :
- la maison de maître, une grande bâtisse du XVIIIe siècle de 3 niveaux : le rez-de-chaussée, un étage et un étage mansardé. La façade principale compte 12 fenêtres (6 par niveau) alors qu’au niveau du grenier, il n’y a que quatre lucarnes classiques pour éclairer les combles.
- autour de la maison, des bâtiments nécessaires à toute exploitation agricole il y a 150 ans : une grange, une écurie, des étables, plusieurs remises, un fruitier (ancien nom donné au local destiné à conserver les fruits après récolte), et un caveau (petite cave utilisée pour conserver les vins fins et les liqueurs).
Une écrivaine célèbre : Gyp

Propriété de la famille Le Harivel de Gonneville jusqu’en 1858, cette ferme a accueilli pendant plusieurs étés une écrivaine célèbre à son époque : Sibylle de Riquetti de Mirabeau.
Née en 1849, elle est la petite-fille du Colonel Aymar Olivier Le Harivel de Gonneville, alors propriétaire de la ferme du lavoir. Vivant à Neuilly-sur-Seine, elle vient passer ses étés à Lion-sur-Mer de ses 6 ans jusqu’à ses 46 ans. De là, elle rejoint Maizet pour aller rendre visite à son grand-père maternel ou à ses cousins au Château de Maizet (point d’intérêt n°3).
A partir de 1879, elle commence à écrire pour un magazine culturel nommé « la Vie parisienne » sous le pseudonyme de Gyp. Son humour, son esprit mordant et son sens du dialogue plaise ; sa carrière est lancée. Jusqu’en 1931 (un an seulement avant sa mort), elle écrit près de 120 livres dont une trentaine de romans. Elle y révèle le mode de vie de la société aisée de cette époque, mais également les dessous de la vie politique et artistique. Elle reçoit dans son salon tous les dimanches de nombreuses personnalités de la vie mondaine et artistique :
- des écrivains Guy de Maupassant, Anatole France et Marcel Proust
- des artistes peintres Edgar Degas, Jean-Louis Forain
Elle rencontre également de grands personnages : notamment la famille royale d’Orléans et Napoléon III, empereur de 1852 à 1870.
Dans ses Mémoires, elle fait référence à ses voyages fréquents à la ferme du lavoir. Elle raconte qu’elle se rendait à pied jusqu’au Château de Maizet en passant par le petit chemin du Puits-au-loup, que vous pouvez voir et suivre encore aujourd’hui.

Le chemin du Puits-au-loup que prenait Gyp pour aller rendre visite à ses cousins au château de Maizet.
Depuis 1858, ce sont les descendants de la famille Le Corsu qui sont propriétaires de la ferme du lavoir.