Point d’intérêt 1- L’église

Ancienne carte postale
A partir du Moyen-Age, dans les villages, la vie s’organise autour de l’église, lieu de culte de la religion chrétienne. Maizet ne déroge pas à la règle et les habitants prennent l’habitude d’appeler le bourg le « village de l’église », comme un village dans le village.
L’église
Sa construction date de la fin du XIIe – début du XIIIe siècle. Elle mesure environ 30 m de long sur 7 m de large. La tour du clocher est située sur son côté nord.
L’église a subi de nombreuses modifications au cours des siècles.
Une chapelle seigneuriale aurait été construite au pied de la tour du clocher, selon l’abbé B. Simon. Une porte murée sur le coté nord du chœur semble renforcer cette hypothèse. Cette chapelle aurait communiqué avec le cocher car un arc surbaissé est visible à l’intérieur de celui-ci (il n’est pas visible de l’extérieur). Mais des fouilles archéologiques seraient nécessaires pour en savoir plus.
A l’intérieur de l’église, à droite de l’autel, une porte communiquait avec une sacristie, aujourd’hui disparue. Une sacristie est une pièce où où on range les objets nécessaires aux offices religieux et où les prêtres se préparent à ces offices. La pièce mesurait 4,20 mètres mais elle a été détruite en 1944, lors des batailles et des bombardements pour la libération de notre village. Deux portes Louis XV, ornées de sculptures dorées ont été sauvées et réutilisées pour la nouvelle sacristie construite près du porche d’entrée.
Le chœur a subi des travaux en 1754 : on a percé les grandes fenêtres de part et d’autre pour apporter plus de lumière.
En 1770, la nef a été reconstruite : en très mauvais état selon le témoignage du curé de l’époque, il rapporte que plusieurs pierres se sont détachées et qu’il craint pour la vie des ses paroissiens.
Depuis ces derniers travaux, l’aspect de l’église n’a plus été modifié. Avec la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905, l’église est désormais la propriété de la commune qui assure son bon entretien.
Saint-Vigor
L’église est dédiée à Saint-Vigor (l’un des plus anciens évêques de Bayeux, ayant vécu au Ve siècle). Une statue de pierre à son effigie, haute d’1,30 mètre, trône à gauche de l’autel. Datant du XVIe siècle, elle figure, outre le saint, un dragon soumis à ses pieds, au bout de son étole, en souvenir de l’exploit qui lui est attribué : maîtriser un dragon sans le tuer grâce à une bénédiction, lui enrouler son étole autour du cou et demander à ce que le dragon soit reconduit à la mer.

Statue de Saint-Vigor à l’intérieur de l’église
Les cloches
L’église est équipée de trois cloches, qui ont été créées à Falaise en 1823. Chacune porte un nom, comme il était habituel de le faire à l’époque :
- la plus grosse cloche s’appelle Marie- Antoinette, elle est placée au centre et mesure 87 cm de diamètre pour 70 cm de haut
- Anne-Pierre est la plus petite : elle a un diamètre de 73 cm et est haute de 55 cm. Elle est placée à l’ouest de la précédente
- la cloche placée à l’est a été nommée Marie-Alexandrine, elle mesure 81 cm de diamètre et 62 cm de haut.
Les cloches ont été tirées à la main par un sonneur jusqu’en 1969, date à laquelle un système électrique a été installé.
L’If du cimetière
Dans le cimetière, vous verrez l’arbre le plus vieux de la commune : un if.
Le bois de l’if, d’une très grande élasticité, était utilisé au Moyen-Age pour faire des arcs et des flèches. C’est d’ailleurs sur ordre du roi de France Charles VI, pendant la guerre de Cent ans, que chaque village a planté un if. Comme à cette époque, l’if est un symbole d’éternité à cause de sa longue vie (jusqu’à 1000 ans !), la plupart ont été plantés dans les cimetières. C’est le cas dans notre commune.
Avant 1999, âgé de 600 ans, il mesurait 3,90 mètres de circonférence et entre 12 et 13 mètres de haut.
Malheureusement, la tempête du 26 décembre de 1999 lui a fait beaucoup de mal : ses branches supérieures ont été arrachées et son tronc a éclaté. On a alors découvert qu’il était complètement creux, ce qui est courant pour un if, et que de grosses racines en forme de tuyaux partaient du sol jusqu’à sa tête pour nourrir les plus grosses branches.
Il a cependant survécu et nous le retrouvons aujourd’hui avec son feuillage et son port d’autrefois, 25 ans après la tempête.
Ce n’est pas pour rien que depuis l’Antiquité, cet arbre est associé à l’éternité !


Photos de l’If avant / après la tempête 1999